Nous arrivions dans les Rocheuses lors de notre précédent rendez-vous.

 

 Une route splendide.

 

La halte à Jasper fut brève la petite ville, certes agréable,ne présente pas un intérêt particulier. Elle fut l'occasion d'acheter des souvenirs pour Lou.

Jasper est surtout la porte d'entrée des rochers. Somptueuses Rocheuses. Parcourue sous un beau soleil la route entourée de montagnes enneigées sur des dizaines de kilomètres est d'une beauté exceptionnelle que je ne me souviens pas d'avoir jamais rencontré sur un aussi long parcours. Les pics acérés se succèdent,les forêts laissent parfois échapper un wapiti et nous prendrons le risque de rencontrer  l'ours en nous arrêtant déjeuner dans une clairière au bord de la rivière(mais le risque ne s'est pas concrétisé puisque je vous écris).

Il nous fallait bien sûr voir le lac Louise. Ce site constitue le « must » d’un périple dans la région, une destination très prisée que nous découvrons heureusement hors saison. Le lac aux eaux émeraudes dans un écrin montagneux aux versants abrupts mérite sa réputation mais j'apprécie moins le Château Fairmont Lake Louise, cet immense hôtel gâche un peu le paysage.

Nous n’irons pas à Banff et opterons pour un stop à Golden, en face de la clinique dentaire du docteur Gourlay, une branche de la famille expatriée ? C'est ce que pense Patrick.

Plutôt que de nous rendre directement à Vancouver nous prendrons le chemin du Nord et éviterons les petites villes touristiques pour un arrêt de deux jours à Clearwater, tout petit village au bord d'un lac, dans un motel confortable et la seule télé jusqu'à présent qui peut lire directement ma clé ! Aussi Élisabeth pourra bénéficier d'une soirée cinéma  sur grand écran organisée par son projectionniste attitré. Au cours d'une de nos marches nous rencontrerons un couple de jeunes hollandais et leur bébé qui parcourent l'Ouest du Canada. Le jeune père vient d'effectuer une plongée dans le lac à la recherche de saumon. Quel courage, mais je relativise j'avais moi-même plongé dans les eaux d'un fjord norvégien(en juin par une chaleur exceptionnelle).

 

Vancouver

 

Nous avons la chance de trouver un bel hôtel situé sur la rive nord de la baie, à proximité immédiate du quai d'embarquement, au-dessus du marché couvert.

Ovidiu(cela ne s’invente pas Ovide), le roumain sympathique qui nous accueille fait tout pour essayer de nous convaincre de choisir l'une de leurs magnifiques suites mais nous conservons la chambre initialement retenue, confortable et .. moins onéreuse.

Est-ce le temps idéal pour la découverte pédestre de la ville ? Nous i’avons aimé et apprécié de longer ses quais aménagés pour le promeneur.

Nous hésitions entre une visite à l'aquarium et celle du musée d'anthropologie. Nous opterons pour ce dernier.

Superbe. Le clou du musée est constitué d'une vaste collection de totems symboles de l'art  complexe des peuples amérindiens et d'objets cérémoniels et utilitaires des First Nations. Mais faut-il dire un regret ? J'aurais aimé plus d'approfondissement de ces civilisations et moins d'hétérogénéité dans les collections présentées. Pourquoi avoir multiplié les objets, masques et bijoux souvent fort jolis des cultures asiatique et du Pacifique dans toute leur diversité ?

Nous passerons le dernier soir dans un vieil hôtel, style backpackers, du centre-ville où nous rencontrerons une jeune française, pâtissière de son métier, qui vient de débarquer et a déjà trouvé deux emplois.

Le soir nous dégusterons un excellent saumon dans le bar accompagné par un orchestre de jazz.

 

La route de l'est.

 

Nous hésitions. Le Sud, l’Est en restant dans le Nord ? La pluie qui tombe sur la côte au sud de Seattle abrège notre séjour sur la côte pacifique. San Francisco sera pour une autre année d'autant que cette partie de l'Ouest américain ne serait pas une découverte.

Donc direction le parc de Yellowstone après des arrêts de peu d'intérêt, avec toutefois une mention spéciale pour Deer Lodge étonnante cité fantôme qui dut avoir son heure de gloire autrefois. Les commerces sont presque tous fermés, quelques motels qui ne figurent pas sur les sites de réservation restent ouverts et accueillent les rares voyageurs aidés d'un personnel étonnant. L'ancienne prison au hauts murs crénelés transformée en musée reste la seule attraction de la ville.

 

Le parc de Yellowstone.

 

Une belle découverte. Nous y passerons trois jours et c'est à peine suffisant pour parcourir les routes qui le sillonnent. L'étendue et la diversité en font toute la richesse. Geysers, cratères de boues fumantes, chaudrons ou puits d’eaux bouillantes vous y trouverez la gamme complète des paysages lunaires.

Ici pas question de laisser mijoter un ragoût pendant des heures comme Élisabeth l'avait fait à Roturoa. Dans les deux cas les geysers sont impressionnants mais le grand geyser du parc, qualifié de plus grand du monde est, à mon sens, moins impressionnant que celui de Roturoa. Les Néo-Zélandais vous surpassent Messieurs les Américains . Il faudrait aussi  comparer vos geysers à ceux du désert d’Uyuni. Sur l'ensemble je vous reconnais toutefois la primauté : pour la flore et pour la faune qu'abritent le parc : wapitis, biches, bisons si nombreux et habitués à la présence de l'homme qu'ils restent souvent sur le bord des routes et viennent s'abreuver le soir au bord de la Madison river. Nous rencontrerons nombre de troupeaux dans leurs prés d'herbes jaunes(Yellow diriez-vous peut-être). Les loups sont moins familiers, nous  en apercevrons pourtant dépeçant une carcasse.

Seul l'ours nous fait faux bond (des Français rencontrés le lendemain nous disent l'avoir croisé).

Il faudrait aussi parler des canyons, des cascades et des coulées volcaniques mais c'est la forêt et son renouvellement que nous retiendrons : détruite par un incendie sur une vaste étendue en 1988 elle se reconstitue aujourd'hui et les jeunes pins émergent. Les traces du feu restent pourtant très visibles dans la partie est du parc.

Sur la route puis à notre hôtel nous discutons avec un allemand venu avec son combi Volkswagen; débarqué à Halifax au Canada il l’a comme nous traversé mais est monté jusqu'en Alaska, maintenant il revient en se dirigeant vers Salt Lake City puis Baltimore où il doit rembarquer, le tout en deux mois. Combien de kilomètres ? Pire que moi… Il est fou.

 

 

Cody, Rapid City, Hot Springs.

nous voulios découvrir Cody, la ville de l'affreux Buffalo Bill mais arrivés très tard nous snoberons son musée. Le matin au petit déjeuner surprise : le français est la langue la plus parlée(mais nous sommes peu nombreux). Un Américain francophile engage la conversation : il a vécu en France où il revient quatre mois chaque année au fil de la discussion il en viendra à nous proposer d'échanger nos maisons, il y en Californie à Oakland. Pour l'an prochain peut-être.

Rapid City est réputée avoir un centre-ville historique. C'est vrai, mais il est si petit! Il abrite quand même un excellent hôtel ancien. Nous n'y resterons qu'une nuit après avoir visité le mont Rushmore. Quel travail! Quelle impressionnante réalisation que ces têtes de présidents! Je suis admiratif et vous avez pu constater que je le suis rarement, les voyages m’amènent à relativiser les découvertes. Les moyens mis en œuvre pour réaliser de telles sculptures sont à l'image de l'Amérique.