Une longue absence. Une grande paresse penserez-vous. Mais qu’ai-je donc à vous apprendre sur l'Europe que vous ne connaissiez encore?

Pourtant dans un avenir que je ne hasarderai  pas à préciser  je vous présenterai mon Écosse, le loch Ossian et tous ces lieux que je ne me lasse pas de parcourir.

Pour l'instant je suis au Canada et la conduite fut ma principale occupation ces derniers jours.

 

L'arrivée à Montréal

L’attente à l'aéroport,les longues formalités, engendrèrent une arrivée tardive chez Mariette.

Nous avons retrouvé ma cousine plouaysienne partit à l'aventure au Québec lorsque nous avions 20 ans. C'était hier nous a-t-il semblé. Que de souvenirs à évoquer!

La découverte de Montréal se fit essentiellement à pied et dans les bus. Un pass de trois jours nous donnait la possibilité de circuler dans la ville sans contrainte.

 Les  rives du Saint-Laurent et les rues de la ville  ancienne(mais que veut dire ancienne dans les villes du Nouveau Monde ?) permettent de longues balades et je recommanderai volontiers un déjeuner au SPA, sur l'eau, nous étions les seuls sans peignoir .

Nous avons aussi fait le tour de la colline du Mont Royal et déjeuné dans le parc. Mais comment puis-je l'avouer sans qu’Yves et mes amis montréalais ne m’en veuillent: je ne suis pas séduit. Sans doute n'ai-je pas découvert l’âme profonde de la cité faute d'y passer un temps suffisant. Il est agréable d’y vivre, animée, multiculturelle elle regorge de talents m'avez-vous souvent dit, il faudra que je revienne pour mieux les apprécier! Il est vrai que nous voulions consacrer ce voyage essentiellement au paysage et à la nature.L'opinion d'Élisabeth diffère : elle a trouvé Montréal fort agréable et pense qu'une comparaison avec les vieilles cités européennes n'est pas opportune.

Nous avons bien commencé à la ferme que Mariette a acquit il y a de nombreuses années et où son « cheum » a élu domicile. Nous connaissions peu Yves et avons découvert un personnage doué de multiples facettes: professeur de philo spécialiste de Marx, jésuite fut un temps , bref, la séduction que vous savez si bien opérée, Mesdames, a eu très vite raison de sa vocation, il tînt ensuite la meilleure table de Montréal et le plat qu'il nous prépara à Sainte Christine prouva qu'il ne s'agissait pas là d'une réputation usurpée , ses talents de comédien dont nous eûmes un aperçu eurent aussi un grand succès en salle. Aujourd'hui il est ferronnier d'art et dispose d'un atelier de menuiserie et d’une forge dans la ferme. Mariette est devenue exploitante forestière sur ses 85 hectares, voilà qui lui  promet une retraite active lorsqu'elle quittera prochainement ses activités montréalaises et les cèpes de la forêt parfumeront les  dîners.

 

Québec

 Belle ville que nous avons préférée à Montréal, le magnifique château Frontenac et les ruelles du centre ont du charme.  Nous avons vainement tenté d’y trouver l’ hôtel de Franchet, ce brestois venu il y a quelques années à investir à Québec et que Jean-Claude nous avait recommandé.

 

 

Le lac Saint-Jean

Nous ne pouvions éviter ce must et après une halte à Alma en avons fait le tour  avant de nous arrêter à Roberval dans un beau petit motel face au lac.

 Plutôt que de reprendre la même route nous avons opté pour le Nord et ses vastes étendues boisées de conifères , peu de diversité mais finalement une route assez plaisante, les couleurs de l’automne ont contribué à son agrément. Ce fut Chibougamau, Lebel sur Quevillon, Cochrane, Kapuskasin Etc..

 Il nous fallait veiller à la distance entre chaque poste d’essence et repérer la veille au soir les hôtels sur la route, ils ne sont pas si nombreux à cette latitude.

 

 Nous quitterons le royaume du français maintenu, version Canal historique, pour passer en Ontario puis dans le Manitoba. Il faudra que Michel (MMM)qui nous reprenait systématiquement lorsque nous utilisions du franglais vienne faire une collecte des mots québécois : ici il n’y a pas de pressing il y a des nettoyeurs, les stops n’existent pas ce sont des arrêts etc.

 

Thunder Bay et Winnipeg

Thunder Bay ne mérite guère de commentaires, l’accueil à l’Econolodge manquait singulièrement de cordialité et nous ne nous sommes pas attardés dans ce grand port céréalier.

 Nous voulions consacrer davantage de temps à Winnipeg, la capitale du Manitoba. Nous avions un défi à relever: à Sihanoukville, dans cet excellent restaurant de la plage d’Otrès, nous avions sympathisé avec Stella et Jack. ils faisaient un tour du monde en bateau et leur halte au Cambodge les avait amenés à cette table face à la mer à nos côtés. Stella, parfaitement francophone, nous avait parlé de sa ville et nous leur avions dit nos projets qui devaient nous amener prochainement à Winnipeg. Ils n’y croyaient guère, les touristes n’ont pas l’habitude de s’y rendre. un mail pour renouer le contact, une invitation à séjourner que nous n’avons pas honorée puisque nous préférions un appartement centre-ville  par contre nous avons aimé la cuisine de Stella et appréciée qu’elle puisse servir de guide dans cette ville sympathique, moderne mais non dépourvue de charme. Nous y avons flâner et découvert la francophonie militante dans cette terre éloignée : le quartier ancien de Saint Boniface est resté le repère des francophones avec leur centre culturel, leurs restaurants et leurs cafés.

 Jack est anglophone mais, nous a-t-il dit, il n’avait guère besoin d’apprendre notre langue, il disposait de quatre traducteurs à la maison. leurs trois enfants en effet ont le français pour langue maternelle et les petits-enfants suivent la même voie.

 Mélanie leur fille pédiatre a passé un an à Rennes et est restée  attachée à la Bretagne, nous la reverrons. Je lui ai copié quelques films, j’en apporte toujours une abondante provision sur des clés USB lors de mes longs voyages, les soirées  peuvent être longues dans le bush australien ou dans les forêts canadiennes! 

 Le souvenir de Louis Riel est toujours très vivace à Winnipeg: ce métier francophone est le vrai fondateur de la ville, il fut pendu par les Anglais après une dernière révolte.

 

 La route de Saskatoon et le parc des Riding Mountain

 Jusqu’à présent nous n’avions pas trouvé la route monotone mais nous craignions les vastes et mornes plaines à blé du Saskatchewan, telles que les décrivaient les guides et quelques interlocuteurs. Aussi en quittant Winnipeg avons-nous décidé de prendre la route du Nord, nous voulions visiter les Riding Mountain et le parc à bisons. De la faune sauvage nous n’avions rencontré que les nombreux écureuils qui peuplent les jardins! Pas de cerfs, d’orignaux ou de wapiti, aucun ours à l’horizon et pas même de cougars.

 Ce petit parc, sans doute moins imposant que bien d’autres au Canada, il n’a pas l’ampleur des grands parcs nationaux, recèle pourtant bien des surprises agréables : Sillonner les allers bordées de trembles aux  jolies feuilles dorées, croiser les bisons, s’arrêter au bord du lac( dommage que nous ne puissions profiter des barbecues mis à disposition des visiteurs pour griller un steak de bison. Mais cela se fait-il ?) fut pour nous un plaisir que nous ne partagions pas: nous étions seuls.

 Je voulais découvrir la ville universitaire de Saskatoon. Cité récente, d’architecture moderne intéressante, elle permet de longues promenades dans les parcs qui bordent la rivière qui la traverse. Belle bibliothèque très fréquentée et je découvre dans un article du monde que les arrogants français qui se croient si cultivés fréquentent beaucoup moins les bibliothèques que les citoyens du Nouveau Monde.

 

 Le chemin des écoliers

 L’autoroute ne nous attirait guère et pour rejoindre Edmonton nous avons pris le chemin des écoliers . nous avions la tentation de visiter le parc  national «  Prince Albert » mais l’absence d’hébergement nous a contraint à nous replier vers Shellbrook.Nous avons poursuivi vers le nord par la route des ukrainiens . Cette route fait mentir les guides: ce ne sont pas de vastes platitudes elle est vallonnée, certes les champs de blé sont nombreux  mais nous longeons  étangs et marécages  et les bulbes argentés des églises et chapelles orthodoxes  donnent un cachet exotique à ce parcours. Les feuilles et branche des arbres, épineux et feuillus, sont de toutes les nuances de jaunes et de vert. Le seul désagrément que nous avons rencontré fut les nombreux panneaux pro-life des intégristes sur les bas-côtés! il me fut même demandé  par le patron hongrois d’un snack si je m’étais confessé au prêtre du lieu! Ai-je vraiment une tête de pêcheur?

 

 Edmonton

 Décidément les villes ne nous séduisent pas.  Edmonton est très étendue, nous sommes pas habitués à ces longues avenues où nous peinons à nous repérer:nous avons eu grand peine à trouver l’hôtel réservé la veille. Le GPS n’arrivait pas à positionner son adresse faute sans doute de lui donner assez de précision.

 Je voulais pourtant visiter la capitale de l’Alberta, ce fut donc une balade dans l’un des nombreux jardins publics au bord de la rivière, nous avons pu découvrir les maisons de  John Walter le fondateur de la ville  mais la découverte s’arrêta là et nous reprîmes la route. Une halte bienvenue dans un petit village au bord d’un lac, j’avais seulement oublié la voie ferrée proche de l’hôtel, les convois ont continué une bonne partie de la  soirée et repris tôt le matin .Nous nous sommes amusée à compter les wagons, le plus long en avait 173, imaginez le temps qu’il met à dépasser l’hôtel et le bruit qu’il engendre que j’ai trouvé beaucoup moins plaisant que les roues du transsibérien sur les rails, elles me faisaient  rêver, ici je redoute  que l’exploitation du pétrole et du gaz de schiste ne sois l’explication majeure de ce trafic.

 

 Ce soir un arrêt à la porte des Rocheuses que nous aborderons demain. le temps est toujours excellent, la température douce, quelques nuages  se profilent, j’espère que le ciel sera clément, je n’ai pourtant pas l’intention de mettre un cierge à l’église d’Hinton.

PS:Vous n'aurez que peu de photos, celle de l'iPhone, je me suis trompé et n'ai pas pris le bon câble pour relier l'appareil photo à l'ordinateur.