Jusqu'à présent l'Europe était peu présente sur le blog. à la demande de Bill j'ai repris le micro;

 De la nostalgie

 

Je viens d’entreprendre un nouveau long périple au travers de l'Europe balkanique. Après une courte halte à Ljubljana j'ai retrouvé les délicieuses anguilles grillées de chez Duta et Mate dans le delta de la Neratva. Je n'ai cette fois passer q’une nuit à Ston avant de tenter de retrouver à Gacko ce motel dans la montagne que j'avais appréciée dans le passé , mais depuis trois ans il est en rénovation… J'ai voulu me replier sur un lieu que je croyais paisible au bord d'une cascade en bas du lac voisin. J'entendais bien s'élever des voix mais je pensais trouver quelques baigneurs ; en réalité il s’agissait d'un pique-nique d'anciens combattants serbes admirateurs de Radlo Madlic, le criminel de guerre, dont le portrait ornait leurs T-shirts! Avant que je comprenne de quoi il en retournait  j'étais invité à me joindre à eux, à partager bières et viande de vieille vache bouillie. Un festin. Lorsqu'ils ont entonné leurs chants patriotiques j’ai estimé que l'heure était  venue de leur fausser compagnie, compagnie que je n'avais guère trouvée plaisante. Je dois actuellement me retrouver sur Facebook à côté de l'un d'entre eux.

 

L’Albanie

 

 J’ai rejoint Ulcinj bien moins fréquenté en juillet qu’en Aout, la pluie et le vent ont abrégé le séjour que j'espérais y faire. J'avais pour objectif de parcourir les gorges du Drin en Albanie avant d’atteindre Kukes puis Peshkopi, ancienne cité thermale autrefois inaccessible : l’an passé j'avais  renoncé tant les commentaires sur Internet  laissaient présager d'une route impossible, ceux qui avaient l'audace de l'emprunter  prétendaient par contre en garder le souvenir inoubliable de paysages magnifiques… Les difficultés devaient enjoliver leurs souvenirs. Aujourd'hui la route a été rénovée et ne présente pas de danger particulier, il faut simplement monter et descendre sans cesse mais nous sommes au pays des aigles. Toutefois je n'avais pas anticipé une météo exécrable, je m'étonnais d'être seul sur la route avant d'être confronté à des pluies diluviennes et des torrents d'eaux boueuses et caillouteuses qui descendaient des flancs de la montagne et dévalaient sur la route pendant des kilomètres. Les albanais avaient dû prendre connaissance des conditions météorologiques… Je n'ai donc guère pu apprécier la splendeur de ces montagnes décrites par les autres voyageurs si ce n'est au début du parcours. Les villes que je voulais visiter ne présentent pas à mon sens d'intérêt majeur j'ai donc très rapidement rejoint les bords du lac Ohrid, une valeur sûre.

 

Ohrid

 

 La rive albanaise devient aussi un lieu touristique agréable à prix très doux : de petits hôtels confortables s'ouvrent, des plages sont aménagées au bord de l'eau et les restaurants proposent « l’Okran », orthographe non garantie, la grande truite du lac spécialitée des deux pays qui le jouxtent; comme d'habitude je ne sais m'arrêter longtemps et n'y passerai qu’une nuit avant de retrouver mon camping habituel à proximité de Sainte Naum(les distances sont très courtes et vous passez d'un pays à l'autre en peu de temps : il n'y a guère qu'une quinzaine  de kilomètres entre Podgradec l'albanaise et ce camping macédonien à une vingtaine de kilomètres au sud de la petite ville d’Ohrid). Une demi-heure de marche suffit pour rejoindre l'ancienne abbaye devenue un hôtel original, les chambres sont dotées de belles boiseries et offre une vue panoramique sur le lac à moins que vous n’optiez pour la montagne, j'ai eu autrefois l'occasion de les apprécier. Là aussi les abords ont été complètement refaits et au joyeux désordre des boutiques de souvenirs et des restaurants qui encombraient l'allée, de la foule qui permettait difficilement aux voitures de gagner l'hôtel ont succédé des boutiques bien ordonnancées, une allée dallée et des pelouses. Il m'arrive d'être nostalgique du passé.

A Ohrid je ne pouvais  manquer de passer à l'église de Saint-Jean Kaneo pour le site et ses belles peintures murales bien sûres mais surtout pour tenter de revoir mon guide préféré, ce vieux(nous avons le même âge) monsieur à la barbe blanche qui parlait un français parfait et se faisait un plaisir de s'exprimer dans notre langue pour me présenter ses peintures avant de m'offrir lorsque les visiteurs n’étaient pas trop nombreux au temps jadis un petit verre d'alcool de prune, la meilleure façon de communier avec l’esprit des lieux me disait-il lorsque nous méditions ensemble sur les bancs de la chapelle. La dernière fois il m’avait offert une icône.

Son jeune remplaçant qui n'est qu’anglophone m'apprend qu'il a prit sa retraite, il passe tous les jours mais il m'aurait fallu attendre et je n'ai laissé qu'un message à son intention.

 

Le lac Prespa

 

 Ce lac se situe  un peu à l’est d’Ohrid de l’autre côté de la montagne, moins touristique dans sa partie sud il existait à Otesevo autrefois un grand complexe hôtelier idéalement situé. Fermé depuis 20 ans il a été racheté  il y a une vingtaine d’années par un groupe financier portugais pour bénéficier des primes européennes disaient les locaux. À juste titre . Il n’a pas entrepris le moindre début de rénovation et semble avoir disparu, Son panneau à l’entrée du site  n’existe plus.Le domaine est immense et  ses structures extérieures m’apparaissent peu dégradées. De grands et beaux jardins,  de longues allées boisées

mènent d’un côté au camping archaïque  en très lente rénovation où je dormirai et de l’autre côté à une petite annexe, la seule à nouveau  ouverte actuellement, son restaurant est excellent. Par contre les prix proposés à l’étranger pour l’hôtel n’ont rien de comparable avec ceux que je payais il y a quelques années (11 €). J’y avais sympathisé avec un groupe de céramistes hollandais qui passaient leurs vacances dans le cadre d’un contrat avec le musée de la céramique de Resen. Ils étaient censés occupés la maison des artistes, dans un champ voisin de l’hôtel mais les fonds avaient manqué. La maison  avait bien un toit ,des fours pour leurs poteries mais les ouvertures n’avaient pas de fenêtres. Les jeunes y campaient les autres avaient choisi l’hôtel. Ils m’avaient invité à partager sur leur site un  barbecue de poissons. La maison est aujourd’hui à l’ abandon.

 

Bitola

A la recherche d’un garage Citroën (j’avais oublié que nous étions dimanche) j’ai parcouru les rues de Bitola. Pas de garage ouvert bien sûr mais le Corso  et les rues piétonnes bordées de magasins sont toujours très vivantes. Bitola est une ville sympathique pleine de souvenirs et lieu de mémoire. Un corps d’armée franco serbe y fut décimé par  les Turcs en 1917. La France y a conservé un consulat à proximité de l’hôtel De Niro, le meilleur de la ville, une excellente table dans son jardin intérieur , il vous sera peut-être proposé de dormir sur un matelas d’eau, je conseillerais la prudence en fonction de l’usage que vous faites de votre lit.

Je ne me suis guère attardé cette fois et  après un déjeuner dans un hôtel de montagne à 14 km  au-dessus de Bitola( bel hôtel d’État à prix modeste) le temps se dégradant j’ai pris la route de la  Grèce.

Il devenait urgent de faire la révision, négligée avant de partir.

Je savais qu’à Kavala je trouverais  une succursale Citroën mais j’espérais aussi pouvoir faire halte au camping à la sortie de la ville. Bien que la majeure partie du lieu soit laissée à l’abandon j’avais trouvé agréable les soirées  dans ce vaste espace  les années précédentes. Je me suis heurté à une porte close. Il était fermé, il n’y a plus de camping à Kavala. J’ai trouvé une place tranquille sur un parking en bord de mer.

Après un bain matinal et la revision effectuée, direction l’île de Thassos. Une halte reposante dans le camping municipal, une place ombragée en bordure de plage. Après quelques milliers de kilomètres parcourus rapidement vais-je apprécier le calme des lieux, m’arrêter quelques temps ? L’ouzo offert par mes voisins nantais retraités qui y restent deux mois m’y aidera peut-être.

Et puis notre rendez-vous Bucarest n’a lieu que le 19 août. J’aurais le temps après avoir remonté la côte de la mer Noire de passer quelques jours à Constanza et dans le delta.

 Nous prendrons ensuite la direction de la Bucovine et de ses monastères.

 Ovide et Lila : nous accompagnerez-vous avec Tudor?

PS: une nouvelle fois je n'arrive pas envoyer de photos, il m'est répondu qu'elles sont trop « volumineuses ». je tenterai de vous les envoyer séparément