Sucre-Uyuni

la route est excellente et magnifique. Nous ne ferons que traverser Potosi célèbre pour ses mines d'argent qui firent la richesse du haut Pérou( la Bolivie d'autrefois) et de ses maîtres espagnols.

Nous avions quelques craintes sur les conditions de notre expédition à travers le salar et le désert d'Uyuni. La lecture du routard nous faisait redouter une promiscuité dans les hôtels et un confort plus que sommaire, il n'en fut rien. Nous avions réservé l'excursion à Sucre et  demandé une chambre avec « banos » privés pour les trois nuits. Ce qui  nous permis à chaque étape de disposer d'une chambre au confort certes limité mais bien plus agréable que les dortoirs de nos compagnons d'aventures qui nous envièrent beaucoup.. Il est vrai que nous étions les plus jeunes,eux avaient entre 20 et 30 ans et nous n'avons pas croisé le moindre cheveu blanc avant San Pedro de Acatama.

 

Le Salar

À défaut d'avoir pu participer au « Paris Dakar » nous avons suivi son parcours jalonné de nombreux signes de reconnaissance, y compris un drapeau breton.

j'avoue que même au volant d'un 4 /4 performant  je n'aurais pas osé m'aventurer sur cette piste de sables ou de cailloux dans les canyons que nous traversions, souvent très pentue au point que les quatre roues motrices peinaient à nous mener au sommet des dunes.

Le salar en lui-même ne me laissera pas un souvenir inoubliable : je ne fus ébloui que par le soleil se reflétant sur le sel pendant des dizaines de kilomètres. Déjeuner en plein soleil à l'isla Huasi , l'ile au cactus que nous escaladons avant de reprendre la route.

Par contre la piste qui longe ensuite la frontière chilienne est superbe.

 

Les vigognes

Jusque-là nous avions vu  peu de vigognes, seulement des troupeaux de lamas. Dans le désert nous croisons  fréquemment les sobres vigognes, bien plus jolies, fines, élancées, libres.. Elles se déplacent en petits groupes.

Nous découvrons sur les rives des lacs de vastes champs de quinoa dans leurs trois variétés: rouge, noire et blanche.

Dans le désert de Siloli arrêt obligatoire devant l'arbre de pierre.

 

Les lagunes

Toujours nous montons. Les lagunes revêtent des couleurs étonnantes: les algues microscopiques les colorent de rouge lorsque souffle le vent. Ces algues servent de nourriture aux flamants roses. Il en existe aussi trois races qui se distinguent essentiellement par leurs becs.

Le troisième soir nous serons à près de 5000 m et c'est la seule fois où le froid se fera durement ressentir, il n'y a pas de chauffage dans l'hôtel , je ne sais si ce terme convient bien à notre abri. -14° la nuit dit notre guide ce qui me semble un peu exagéré.

Les agences offrent traditionnellement une bouteille de vin pour agrémenter la dernière soirée et peut-être favoriser le sommeil. Le Français est choisi comme expert : le vin est bouchonné, imbuvable pour moi et c'est la seule bouteille de l'agence! Nos compagnons allemands et brésiliens s'en régaleront malgré tout.

 

Les geysers et le désert Salvador Dali.

Un lever très matinal (cinq heures) permet de voir les geysers, impressionnants mais moins beaux qu'en Nouvelle-Zélande, puis de se baigner dans une piscine d'eau chaude sulfureuse.

Nous traversons le désert de Salvador Dali : élégantes coupes de pierres taillées par le vent, symphonie de couleurs blanches, rouges, vertes, marrons dans toutes leurs nuances.

Nous serons beaucoup moins séduits par la laguna verde à la pointe de la Bolivie. Elle est dominée par le volcan Licancabur, majestueux, que nous reverrons ensuite sur son flanc chilien.

 

Un chauffeur performant

Les Boliviens demandent à leurs chauffeurs des compétences multiples. Outre des talents de conducteur et il en faut sur ces pistes, ils servent de guides, de cuisiniers et de serveurs. Aussitôt arrivé dans les refuges le nôtre prépare le café et le thé, puis le repas (nous emportons toutes les provisions dans les hôtels qui ne sont que des lieux à dormir). Il n'a pas un instant de repos, corvéables à merci il se révèle en plus sympathique et attentionné ce qui ne fut pas toujours le cas du personnel hôtelier que nous avons fréquenté en Bolivie.

 

San Pedro

La frontière passée nous arrivons dans le monde européen du Chili.

San Pedro de Acatama a bien fait son marketing : petite cité très léchée elle est le point de départ des excursions vers son salar. Beaucoup plus sophistiquée et aseptisée qu'Uyuni, les prix n'ont rien de comparable et elle est réputée pour ses tarifs excessifs. Une chambre médiocre coûte bien plus cher qu'à Santiago. Nous n'en garderons pas un bon souvenir. L'accueil dans l'hôtel tenu par un couple français est rien moins que chaleureux. La chambre toute petite permet à peine de poser les valises debout.

Nous croiserons dans ce village beaucoup de Français de tous âges et en particulier un groupe d'une cinquantaine de retraités.

Les nombreuses agences commercialisent des tours dans le désert mais aucune d'entre elles ne vend des billets d'avion. Nous étions prévenus mais peignions à le croire.

Comme nous bloquions sur Internet en l'absence de RUT(la carte d'identité chilienne) nous sommes allés à Calama, dans l'agence de Sky Airlines, prendre les billets pour Santiago. Nous n'avions plus le courage

d'effectuer le trajet en bus(24h).

 

Nous sommes actuellement à Santiago où nous avons trouvé un excellent hôtel à l'ancienne(le Paris) dans le centre historique semi piéton. Mais nous ne pouvions manquer de saluer l'ami Belisario avec qui nous avons dîné et qui nous a hébergé hier soir. Les bulles et les souvenirs étaient  au programme. Ce soir soirée électorale, je ne saurais m'en passer même au Chili!