De Manaus  à Cusco .

 

Nous avons opté pour la facilité et pris l'avion pour rejoindre Rio Branco. En fait il s'est révélé impossible de trouver un bateau avec une cabine dotée d'un minimum de confort pour rejoindre Porto Velho et nous n'avons plus l'âge de dormir dans un hamac(mais l'ai-je jamais eu ?) . Il était alors plus simple de continuer par voie aérienne vers Rio Branco.

Dans cette région d'accès encore difficile jusqu'à l'an passé nous avons eu la surprise de découvrir une ville agréable, un centre fort bien rénové, les bords du fleuve aménagé pour les promeneurs (mais les deux fleuves qui s'y rejoignent sont sujets aux débordements et l'eau peut monter très rapidement nous en avons été témoins).

 

Rio Branco

 

Après une douzaine d'années en France Robert a retrouvé sa paroisse mais n'a plus en charge que la partie urbaine, les communautés rurales en ont été détachées à son grand regret puisqu'il y passait autrefois l'essentiel de la semaine et y avait noué des amitiés fortes.(1)

 

Nous avons pu visiter en sa compagnie le parc dédié à la mémoire de Chico Mendès, ce leader des paysans sans terre assassiné par les milices des grands propriétaires à la fin des années 80. Robert nous dit l'émotion de la foule dans laquelle il se trouvait lors de son enterrement.

Le parti des travailleurs de Lula (au pouvoir depuis de nombreuses années dans l'État de l'Acre) semble y avoir réalisé un travail remarquable tant en termes de scolarisation que de développement et de décloisonnement de la province.

En fait de forêts nous voyons surtout de grands troupeaux sur de vastes pâturages. La transoceania (en réalité elle s'arrête à Porto-Velho et ne permet pas de rejoindre l'Atlantique) , goudronnée est maintenant aisément praticable ; depuis 2011 elle offre un débouché vers les ports boliviens et péruviens.

Nous l'emprunterons pour rejoindre Puerto Maldonado.Elle reste toutefois peu fréquentée, il y a deux  bus par semaine et nous étions six passagers. Une longue étape et une arrivée tardive malgré le grand pont qui permet depuis l'année dernière d'éviter le bac. À peine désenclavée cette petite ville se rénove déjà et offre des conditions d'hébergement et de restauration très honorables. Nous y resterons deux nuits.

Curieusement nous nous retrouverons  pour dîner sur la terrasse d'un petit restaurant de la grand-place à côté de Didier un Français parti il y a 14 ans pour des vacances à Cuba et qui n'est jamais revenu en France ! Depuis quatre ans il s'est installé à Puerto Maldonado et pense bientôt partir en Colombie.

Pour rejoindre Cusco nous hésitons entre la route et l'avion. Nous choisirons encore une fois l'avion, la route est longue , passe par un col à 5000 m et nous redoutons les effets de l'altitude, la suite nous prouvera qu'ils peuvent être désagréables lorsque l'on ne procède pas par paliers, ce que permet le bus.

 

 

Cusco

 

La réputation de Cusco n'est pas usurpée. La place d'armes et les églises  qui la borde sont magnifiques. Ce sont les plus anciennes d'Amérique latine, elles témoignent de la splendeur et de la richesse des temps passés. Et si nous n'avions à y subir les effets de l'altitude  notre séjour serait parfait. Se retrouver sans transition à 3300 m d'altitude provoque des troubles que je mésestimais. Les marches sont difficiles et l'essoufflement rapide d'autant que Cusco ne manque pas d'escaliers dès que l'on sort du centre historique. Comme nous y restons une semaine nous avons recours aux pilules dont nous pensions pouvoir nous passer, les feuilles de coca que nous consommons abondamment n'ont pas un effet suffisant sur nos organismes de bas-Bretons.

 

Le Machu Picchu se mérite… Nous avons failli renoncer.

 

La lecture des guides me laissait entrevoir la complexité de la découverte du site.

Le billet d'entrée ne se vend pas sur les lieux : il faut l'acheter dans les bureaux du ministère de la culture à Cusco. Le nombre de visiteurs par jour est contingenté

il faut ensuite prendre un premier bus pour un village à mi-parcours où la route s'arrête puis le train qui permet d'arriver à Aguas Calientes et enfin les moins courageux pourront prendre un bus pour monter jusqu'au site.

Sagement j'avais décidé de m'en remettre à une agence tenue par des Français  recommandée par un guide. Nous l'avons trouvé avec quelque peine dans les hauteurs de la ville pour nous entendre dire qu'elle ne pratiquait plus ce type de prestation. Le jeune homme qui nous reçoit se propose gentiment de nous conseiller et nous assure que nous pouvons facilement nous passer d'une agence et organiser nous-mêmes notre périple. Voilà un langage que j'entends bien. À tort.

Nous nous rendons donc d'abord au ministère pour acheter les billets d'entrée pour le 28(nous étions le 25). Nous les obtenons sans difficulté mais personne ne nous précise qu'il existe un deuxième contingentement que nous allons bientôt découvrir.Confiant nous allons chez Peru Rail acheté le billet de train et nous nous entendons répondre qu'il n'y a plus aucune place pour le jour où nous avons acheté nos billets d'entrée. Qu'à cela ne tienne nous faisons trois agences en fin d'après-midi et obtenons toujours la même réponse : vous n'aurez pas de place dans le train et vous perdez votre billet, il n'y a pas de  remboursement possible, le ministère le refuse. Nous pensons donc renoncer et partir pour le lac Titicaca.

Mais le lendemain matin nous décidons de ne pas en rester là et de faire une dernière tentative. Venir à Cusco sans aller au Machu Picchu nous laisserait un goût amer. Nous avions repéré une agence qui nous semblait plus sympathique  et plus compétente que les autres : nous l'avions découvert la veille en rentrant découragé à l'hôtel, une dernière tentative sans grand espoir. La responsable, sympathique et  jolie jeune femme, parlait un peu le français et avait évoqué la possibilité de négocier avec les employés du ministère un changement de date. Nous n'avions plus une écoute suffisante à ce moment-là.

Elle nous confirme la possibilité évoquée la veille et se propose de nous accompagner pour obtenir le report de date, c'est ainsi qu'au prix d'une légère pénalité nous avons maintenant un billet d'entrée pour le 1er avril. Nous prolongeons donc notre séjour à Cusco ce qui nous permet d'approfondir la découverte de la cité.

 Le Machu Picchu se mérite aussi financièrement, la journée revient à près de 200 $ par personne. Les Péruviens savent exploiter leur richesse archéologique!

 

 Nous n'irons pas au lac Titicaca qui nous avait semblé dans un premier temps une destination immanquable au Perou, mais il se trouve à 3800 m et nous ne voulions pas cumuler les effets de l'altitude(qui commence à s'atténuer il est vrai) et du froid qui règne nous dit-on dans cette région à cette époque.

Nous avions  initialement prévu de rentrer le 10 avril, nous anticipons notre retour et prendrons un vol pour la France le 5 avril à Lima.

Au revoir

 

1 : Bruno, c'est ici que ton oncle a aussi vécu et non pas à Manaus, nous avons évoqué son souvenir avec ses anciens collègues.

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 Puerto Maldonado                                                                         Sur les hauteurs de Cusco

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 Le christ noir                                                                                 Une vue tres partielle de la place d'armes

 

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 Le Christ vous bénit et bénit Cusco