Manaus.

L'une de ces villes où il fait bon vivre. Sur la place du théâtre, le soir, il n'est pas rare de croiser un français venu en touriste et qui, séduit par l'atmosphère, n'en est plus reparti. Il vit ou vivote d'activités peu lucratives mais apprécie et n'envisage pas de revenir dans notre pays.

L'alliance française, très présente, a contribué à la diffusion de notre langue et il est fréquent que dans les bars du centre le serveur s'essaie à parler notre langue.

Nous avons pris nos habitudes : le soir sur la place  face à l'opéra, à midi nous déjeunons dans l'une des cantines du port (des poissons délicieux pour deux fois moins chères qu'en ville). Habitués maintenant des pays à pourboire obligatoire j'ai la surprise de voir le garçon me rattraper et rendre le billet que j'ai laissé sur la table. J'insiste, comprend mal, trouve-t-il insuffisant le montant ? La patronne vient nous expliquer que le service est compris dans les 10 € du déjeuner. Nous ne voudrions pas leur donner  de mauvaises habitudes...

 

PS: pour ceux d'entre vous qui redoutent les moustiques il importe de préciser que vous n'en aurez pas à Manaus. La ville se situe sur le Rio Negro, ses eaux sont acides et nous préserve des insectes volants. Ce n'est qu'à quelques kilomètres de Manaus que ses eaux se mélangent avec les eaux du Solimes pour donner l'Amazone. La rencontre des deux fleuves est d'ailleurs impressionnante : le Rio Negro coule à 2- 3 km/h et ses eaux sont bien sûrs noirs, le Solimes a des eaux jaunes et il coule à sept – 8km/h. Ils se côtoient tous deux en parallèle sur une longue distance avant de se mélanger.

 

Avant de partir en forêt je tente de retrouver Pépé,Jungle's Pépé. Il n'a pas répondu à mon mail et j'apprends qu'il se serait fait embaucher par une compagnie pétrolière et se trouverait actuellement quelque part dans la forêt entre Manaus et la frontière vénézuélienne.

 

La forêt

 

Quatre heures entre routes, fleuves, rivières et lacs pour  parvenir à notre lodge.

Nous sommes accompagnés par un jeune Japonais. Il a pris un mois de congé. Atypique dans un pays où les salariés n'ont que deux semaines de congés annuels et souvent ne les prennent pas. Il vient ici pour pêcher et il a amené son matériel sophistiqué. Il abandonnera très vite le parcours classique des touristes pour se livrer à sa passion sur une petite barque .Nous le retrouvons le soir, le matin  pêchant devant sa chambre…

 Le petit lodge est sur pilotis et peut suivre ainsi les évolutions du fleuve.

Notre jeune guide n'a certes pas les connaissances et la facilité relationnelle de pépé mais il est intéressant, a déjà exercé divers métiers, barman dans les îles vénézuéliennes, chercheur d'or en Guyane britannique et il s'apprête à partir en Suisse rejoindre son amie.

Au cours de ces quelques journées nous nous initierons aux plantes médicinales nombreuses dans la forêt; mais nous passerons l'essentiel du temps sur l'eau dans les divers bras du fleuve, les multiples anses entourés d'une végétation luxuriante peuplée de singes et d'oiseaux multicolores. De nombreux petits dauphins d'eau douce viennent se donner en spectacle à proximité  du lodge.

Cette fois j'arriverai à attraper un piranhas et n'hésiterai pas à tenir dans mes bras un petit crocodile effrayé capturé par Paolo.

Chaque jour de nouveaux clients partent et arrivent . Nous retrouvons une jeune Burundaise avec qui nous avons sympathisé à Manaus(Edmonde : la prochaine étape sera Bujumbura, à proximité du Katanga. Tu ne t'es pas trompé de beaucoup!)

Deux jeunes Israéliens bruyants et une étudiante québécoise anglophone, ça existe, occupent les autres chambres. Une jeune moscovite passe rapidement : elle consacre deux jours à l'Amazonie et s'étonne de ne pas rencontrer d'Indiens sauvages. Elle est surprise que Paolo soit vêtu de T-shirt et de jean, elle a le bon goût de le lui faire remarquer.

Le dernier jour nous ferons la connaissance d'un couple norvégien de notre âge : ils ont amené leur bouteille de rhum, nous en offre abondamment, c'est un élément qui facilite la relation et nous apprécions leur compagnie . Mais je dois l'avouer  je préfère

la capirinha de notre hôte, bien meilleure elle me fait oublier le pisco sur!

 

IMG_0084        IMG_0366

L'opéra la nuit                                                               Le marché aux bananes dans le port

LIMG_0387             IMG_0423

IMG_0402              IMG_0396

Les dauphins                 

IMG_0372 

Les deux fleuves se rejoignent                  

IMG_0089

Un pêcheur de crocodile