Le dîner de gala des retraités

Les impondérables du voyage m'amènent à vous faire parvenir une nouvelle correspondance avant de quitter les États-Unis.

Après avoir quitté Fort Walton et prit de petites routes longeant la côte bordée souvent de jolis bungalows mais aussi comme à Panama City de longues barres d' immeubles nous avons pris la direction du Nord. Nous avions le temps et un panneau indiquant un restaurant et des cabines au bord d'un lac nous entraîna dans un site inattendu. Nous désespérions d'arriver dans un lieu civilisé et nous nous apprêtions à revenir sur nos pas lorsqu'au cœur d'une forêt de sapins, au bord d'une vaste étendue d'eau, nous  aperçûmes un bâtiment et quelques cabanes.

L'hôtesse et le manager furent quelque peu surpris de voir débarquer des français mais répondirent favorablement à notre demande d'hébergement et nous interrogèrent longuement sur notre périple. Comme nous leur demandions de nous indiquer un lieu de restauration ils nous invitèrent à rester dîner sur place le soir.

Nous n'avions pas tout compris. Dans ce lieu que nous croyions désert nous nous sommes retrouvés dans une salle de restaurant comble  : c'était la soirée de gala des retraités de la région…Le président nous invita à prendre place à sa droite. Le discours d'accueil nous fut consacré et je compris mieux pourquoi le directeur avait insisté pour connaître les détails de notre voyage.

Le président, ancien officier de l'aviation , fort digne et de tenue élégante était aussi le représentant local de l'AARP, le puissant lobby des retraités américains ( je me suis souvenu d'avoir été convié à l'ambassade américaine par cette association il y a quelque temps, alors qu'elle espérait faire des émules en France. Mais je ne me sentais pas l'âme d'un lobbyiste retraité). Il me fit la conversation pendant tout le repas, me montra la photo de son avion personnel sur lequel il volait toujours et rendit hommage à l'action de l'armée française au Mali et à notre président Jacques Chirac… devant mon froncement de sourcils il se reprit.. Sarkozy, je le remerciais et lui dis que nous avions en effet actuellement un excellent président, François Hollande, qui méritait pleinement son hommage. Pendant ce temps sa femme, Margo(sans t) me caressait le dos, aurais-je conservé quelques charmes aux yeux des septuagénaires américaines ?

Bien sûr nous ne pouvions nous éclipser comme je l'avais prévu avant la fin du dîner mais la chanteuse pleine d'énergie et dotée d'une fort belle voix avait un talent certain. La soirée fut agréable.

IMG_0014                        IMG_0005