Un vieux cheval se reposant à l'écurie

Aspire à galoper des milliers de kilomètres

 

« en regardant la mer » de Chao Cao

 

Je commence à apprécier la  poésie chinoise..

 

Bonjour,

 

Nous  abordons la dernière étape de notre périple.

 

Tokyo

 

Je n'étais pas à priori attiré par le Japon, par Tokyo. Cette ville se révèle agréable. Je n'irai  pas jusqu'à dire qu'il en émane un grand charme mais elle recèle des quartiers qui méritent d'être longuement parcourus, ont conservé leur caractère et ne souffrent pas d'être entourés d'immenses buildings qui me semblent d'architecture plus sophistiquée  qu'à Pékin. Ici la circulation automobile est parfaitement ordonnée et fluide. Les transports en commun drainent l'essentiel  des déplacements quotidiens (le nombre de voitures est limité par l'obligation de posséder un parking avant d'en acheter une). Les Japonais sont disciplinés : pas question de passer au feu rouge même lorsque nous n'apercevons aucun véhicule. Je ne sais si sur la durée cette discipline et ce goût de l'ordre ne me lasseraient pas mais après l'anarchie pékinoise j'apprécie.

 

Ces deux peuples à l'histoire étroitement imbriquée se haïssent et s'attirent. J'ai assisté  il y a deux ans à l'AISS à un violent affrontement entre un professeur japonais d'une grande virulence et le placide responsable de la sécurité sociale chinoise qu'il accusait de travestir la vérité sur l'état sanitaire de son pays dans les zones rurales. Nous débats sont d'habitude feutrés et j'avais été frappé de cette animosité. 

 

Nous avons découvert la petite partie des jardins impériaux ouverts au public mais surtout le parc de UENO et les vieux quartiers de Yanaka et d'Asakusa , le temple de Senso-ji, lieu de vénération et de recueillement des tokyoïtes , bel ensemble de pagodes où les fidèles viennent nombreux : l'entrée  du temple principal est  gratuite pourtant une longue queue se forme devant l'urne destinée à recueillir l'obole des Japonais . je ne sacrifie pas à cette coutume. La marche se révèle aisée dans les rues piétonnes ou semi piétonnes et constitue un bon moyen de parcourir la ville. Entre les quartiers l'usage du métro est facile et nous nous repérons  sans difficulté, les indications sont claires et en caractères latins. Nous expérimentons aussi le taxi : ici les chauffeurs sont toujours « nickel » et en gants blancs, ils n'appliquent pas la devise chinoise « demande un prix aussi haut que le ciel, mais marchande jusqu'à ce qu'il touche terre ».

 

Bien sûr nous somme arrivé trop tard à l'immense marché aux poissons de Tsukiji , nous pensions y déjeuner mais les queues devant les gargotes réputées nous en ont dissuadé et c'est finalement dans les jardins de Ham Rikyu que nous piqueniquerons  avant de remonter en bateau le fleuve qui traverse la ville.

 

J'avais réservé au centre-ville en aveugle, le quartier se révèle assez sympathique, la chambre est petite, c'était une "small room" ,le site ne le précisait pas mais les éléments de confort sont la : je vous invite si vous rénovez votre salle de bains à vous documentez et vous équipez de matériel japonais : vous aurez d'heureuses surprises. Je ne détaille pas, si vous m'invitez je vous expliquerai (non cela n'a rien à voir avec les gadgets proposés dans  les chambres d'hôtel chinois pour permettre aux voyageurs(es) esseulés(es) de bénéficier d'un sommeil paisible, les sens apaisés).

 

Kyoto

 

 La ville de tous les superlatifs, capitale impériale historique, choisie pour la beauté et la sécurité du site, traversée par une rivière,entourée de monts et de collines boisés, elle reste la capitale intellectuelle et culturelle du Japon, la cité des Geishas et du savoir-vivre. Je ne vais pas en rajouter. Mais pourquoi faut-il donc que je sois moins sensible à son charme qu'à celui des  villes italiennes?

 Bâtie sur le modèle de XI'An , capitale de la Chine lors de sa fondation, il est vrai que c'est une ville agréable. Nous optons une fois encore pour une découverte pédestre mais les kilomètres pèsent moins qu'ailleurs dans ses vieux quartiers, ses jardins,  ses temples et sur les rives de la Kamo.

 

 Une première matinée pluviale où j'ai l'occasion de vérifier que la formule de notre « Amiral »Kersauzon  dont j'apprécie régulièrement la justesse en Nord Finistère« en Bretagne la pluie ne mouille que les c..s" ne s'applique qu'à notre région ne nous décourage pas. Le ciel revient vite à de meilleurs sentiments et nous permet une visite approfondie des lieux que nous souhaitions  connaître. Bien sûr le temple Nishi Hongan-ji dori, le château Nijo, riche de ses peintures , remarquable résidence des shoguns, les jardins impériaux, le temple Kennin-JI Dora où l'on comprend  mieux ce que zen veut dire, y rester doit procurer la sérénité aux aspirants à la sainteté bouddhiste.

 

 Le "Bouchon" de Kyoto

 

 Les petits restaurants sont sympathiques pourtant le dernier jour je ne peux résister à la tentation d'un déjeuner à la française dans le" Bouchon" de Kyoto. Formé chez un maître lyonnais le chef japonais ne démérite pas et le bouchon est devenu le lieu de rendez-vous des membres du club français de la ville qui se voient  offrir un kir en apéritif, les autochtones apprécient si j'en juge par la fréquentation du restaurant!

 

Demain sera nôtre dernière journée au pays du soleil levant et nous rejoindrons mercredi le pays du soleil couchant.

Je sélectionnerai quelques photos pour les amateurs mais je suis un homme du passé et j'ai toujours privilégié l'écrit.

 

 A bientôt

 

PS:

Pour mon ami lyonnais Richard : je me souviens du dîner que tu m'as offert chez ta toque préférée. En Bretagne, lorsque tu viendras pour notre lointaine région avec ta fille, je vous ferai déguster nos fruits de mer accompagnés d'un délicieux sancerre.