Le séjour chinois,

Si vous souhaitez connaître la Chine je vous conseille en introduction à votre voyage de lire des romans de Qui Xiaolong . Aujourd'hui enseignant à l'université de Washington il a passé toute sa jeunesse en Chine avant de subir les conséquences de la révolution culturelle et des événements de la place Tienanmen., 

 Au travers des exploits du camarade inspecteur Chen vous découvrirez les différents aspects de la vie en Chine dans le courant des années 90.

 

Pékin

 

Le court séjour que nous effectuons dans le pays nous oblige à limiter nos ambitions : nous privilégions Pékin, la Grande muraille et XI'AN pour l'armée des soldats enterrés.

 

 Ville immense, 25 millions d'habitants, une floraison de tours, une circulation intense, des infrastructures de qualité, un nuage de pollution sur la ville : voilà mes premières impressions. Il nous sera expliqué  que ce nuage n'est dû que partiellement à la pollution et existait depuis longtemps , le Fog londonien en quelque sorte.

L'hôtel nous réserve une agréable surprise : il se situe dans le vieux quartier que nous parcourons le dernier jour au cours d'une longue marche au bord du lac. Seule la découverte de ce quartier, de ses ruelles, de ses maisons préservées, de ses restaurants, bars et terrasses me séduit. Jusque-là je ressentais  une forme d'oppression : la foule, la circulation, l'incompréhension totale de la langue et la difficulté de communiquer me la rendaient peu sympathique.Dans cette toute petite partie de la ville je suis frappé par la prédominance des vélos et scooters électriques : l'absence de bruit nous oblige à être très prudent dans les ruelles où ils circulent nombreux.

 Dans la capitale le pouvoir d'achat est relativement élevé, il est supérieur à 700 € mais recouvre de  grandes disparités.

 

Nous avions divisé nos quatre jours en deux jours "d'autonomie"  et deux jours de visite guidée à la Grande muraille puis à Xi 'An

À l'inverse de ce que j'ai pu préconiser jusqu'à présent l'autonomie n'est pas une bonne solution à Pékin pour qui veut voir les principaux sites.

Après avoir commandé un taxi pour la cité interdite nous nous retrouvons dans le grand parc d'attraction de la ville. La réceptionniste avait mal comprit notre demande. Nous finîmes par arriver à la cité mais la pluie et l'impressionnante foule du dimanche nous dissuade de la longue marche qu'il faudrait faire pour gagner l'entrée. Le chauffeur nous a déposé à  la sortie ! Nous la verrons malgré tout. Le parc en face nous attire et nombre de Chinois choisisse  ce jour férié pour y faire des exercices de chants à l'abri des espaces protégés sur la colline .Cette dernière domine la cité que nous pourrons contempler... de haut.

 Le retour nous vaut de rudes discussions avec les chauffeurs de taxi qui attendent  « les pigeons » (je ne suis pourtant pas de ceux  qui refusent une juste  taxation des riches) mais demander quatre fois le prix que coûte la course me semble exagéré. Après trois tentatives nous négocions à la moitié de la somme demandée, le double du prix réel dans ces taxis officiels qui affichent au départ un prix erroné  à leur compteur.

 

La Grande muraille

 

Elle est connue de tous mais il faut la voir par une journée ensoleillée , muraille serpentant au sommet de collines dans un cadre boisé splendide aux couleurs de l'automne. Une prouesse humaine impressionnante, 6000 km de long auxquels il convient d'ajouter les 2000 km découverts plus récemment en mauvais état dans le désert de Gobi. Du train nous l'avions aperçu de loin, je ne sais  si elle fut vraiment efficace  pour protéger les royaumes chinois  des Mongols mais elle reste aujourd'hui un symbole de la capacité de ce peuple à réaliser une œuvre  monumentale.

Nous étions accompagnés par   une jeune guide. Elle ne connaissait pas encore la France mais , nous dit-elle, "Paris ne peut se découvrir qu'à deux, dans le cadre d'un voyage avec l'ami ou le mari que je n'ai pas encore trouvé " elle se prénomme Christine (son nom occidental) comme la fille de Marion, mon regretté ami roumain, que j'avais accueilli à Paris pour son voyage de noces. Paris toujours ville romantique, ville de rêve.

Elle nous parle beaucoup de sa vie et me semble-t-il avec sincérité. Elle évoque surtout ses grands-parents qui l'ont élevé et voue une admiration à son grand-père, homme de la terre qui  après  avoir rejoint Mao,  devint militaire de haut rang mais toujours resta fidèle à l'épouse de  ses 17 ans. Ce n'est pas comme la génération de nos dirigeants d'aujourd'hui  précise-t-elle qui multiplient les maîtresses, signe de richesse et l'argent devient la référence majeure en Chine, "nous perdons nos valeurs"( un autre guide  plus âgé nous dira : la Chine est socialiste le jour et capitaliste la nuit). Et surtout ne critiquez pas Mao! (tel n'était pas mon intention), après son éloge du Grand timonier,j'ai simplement essayé de lui  expliquer que ce sont les dérives de la révolution culturelle puis la répression de la place Tienanmen qui nous ont choqué , que nous ne contestons en rien ce qu'elle nous présente comme l'apport majeur de Mao :  l' égalité, puisque le mot figure dans notre devise. Tout le monde en Chine continue de vénérer Mao ajoute-t-elle et le Dieu Mammon pensai-je.

 

XI' AN et l'armée des soldats enterrés

 

 Deux nouvelles  nuits dans le train nous confirment l'extrême qualité de wagons-lits chinois.

 Par contre à l'arrivée personne pour nous attendre. Il fallut à nouveau appeler l'agence et patienter une heure qu'elle trouve un guide disponible et une voiture. Est-ce une défaillance du correspondant local ou un manque de rigueur de l'organisateur français du voyage ? Trois défaillances dans trois pays différents cela commence à faire beaucoup même si à chaque fois les conséquences en sont rapidement  réparées et que nous sont offerts des prestations complémentaires. 

  Malgré tout  nous ne regrettons pas le déplacement . Pour les 6000 soldats patiemment reconstitués qui accompagnent l' empereur dans sa tombe, tous différents, avec chevaux et chariots mais aussi pour la ville elle-même, sa surprenante pagode de l'oie sauvage de plus de 40m de haut dans un jardin paisible et la mosquée   de Xi' An, mosquée  « à la chinoise » fort différente de celle que nous voyons dans les pays arabes , sans minaret , elle reste  bien fréquentée par les croyants qui  répondent toujours à l'appel du Muezzin.

 

 

 

 

 Un départ matinal

 

Un départ de l'hôtel avant cinq heures nous était fortement conseillé puisqu'il fallait nous  dit-on se présenter trois heures avant le départ à l' aéroport. En réalité à cette heure l'absence de circulation et la rapidité avec laquelle nous passons les multiples contrôles nous laisse une marge confortable qui nous permet de bénéficier du salon, de prendre une douche et un excellent petit déjeuner. Mais je perdrais bientôt ce privilège d'actif.

 Nous venons d'arriver à Tokyo, nous découvrirons la ville pendant trois jours avant de nous rendre à Kyoto pour quelques jours.Un séjour trop bref bien sûr mais nous avons dû l'abréger  et réduire les trois semaines initialement prévues.

 

 Je tenterai à notre retour en France de vous faire parvenir les photos à l'aide d'un autre ordinateur.

 

 Amitiés

 

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