P1010439 Le désert des Pinnacles

Bonjour.
Il est particulièrement frustrant d'avoir à refaire sa copie  après que vous ayez effacé le texte au moment où vous vous apprêtiez à l'expédier.

J'ai dû vous abandonner alors que nous abordions à nouveau la côte Ouest. Nous quittions les zones arides et désertiques de l'intérieur de la western australia pour rejoindre les villages de la côte et tenter d'y trouver  vie et animation. Quelques étapes sympathiques, quelques passants mais toujours fort peu d'activités dans les rues  ventées et une absence complète de vie nocturne puisqu'après 6:00 ou 7:00 le soir il est  inutile de rechercher un commerce ouvert,la clientèle des bars est rare.
L'Australie est un pays très vaste, peu peuplé et des distances énormes séparent les villages(cela est sans doute moins vrai dans l'Australie de l'Ouest) ; nos étapes font 400 à 500 km. Nous remontons vers le nord pour atteindre la Shark Bay et Monkey Mia.

 La Shark Bay-Monkey Mia

        P1010401Le Pelican     P1010406


Pour y parvenir il faut passer par le parc François Peron et la route Freyssinet, des noms qui parlent aux brestois.
Monkey Mia est un petit village vacances apprécié des Australiens : c'est en effet l'un des rares endroits où la baignade est possible et agréable. La longue plage de sable blanc est bien abritée au fond d'une anse.  J'y cueillerai quelques coquillages et le restaurant sera l'occasion d'une expérience gastronomique : je choisis en effet le plat « typique » pour touristes du crocodile, de l'émeu et du kangourou. J'avais oublié que les Australiens étaient de grands amis des animaux et ne sacrifiaient que les vieillards. Si le crocodile était mangeable, bien que moins goûté que celui-ci mijoté au citron que j'avais dégusté à Cuba, la viande d' émeu et de kangourou était particulièrement coriace et vous dissuadait de renouveler l'expérience.
Nous ne pouvons rester qu'une nuit, le week-end provoque un afflux de vacanciers et une sérieuse augmentation des prix.
Cette fois nous choisissons de ne faire qu'une petite étape et trouvons à une soixantaine de kilomètres un petit complexe complètement isolé mais où, surprise, nous disposons d'Internet dans la partie commune.  il  ne nous sera pas opposé cette fois  l'indisponibilité temporaire de la WIFI! Nous sommes les seuls clients et pouvons nous installer dans un chalet abrité par une dune mais sans isolation et sans  climatisation, nous nous servirons donc des trois ventilateurs et passerons sur la terrasse une agréable soirée. Je dois avouer que lorsque Morvan et Stéphanie nous ont doté d'un grand nombre de films je pensais avoir mieux à faire de mes soirées que de rester devant un écran! En réalité nous n'aurons jamais autant apprécié "d'aller au cinéma".

Une agréable rencontre
Sur la route nord-sud quelques grandes aires de pique-nique ont été aménagées et disposent d'un bien meilleur confort que celles du bush profond, nous y trouvons de l'ombre, des tables, des bancs et toujours un barbecue. C'est  une constante en Australie : partout des barbecues sont mis gratuitement à la disposition des visiteurs.
Nous étions à peine installé qu'une aborigène qui venait d'arriver en scooter s'attable nos côtés. Je lui proposais de partager notre maigre pitance ; j'avais mal interprété ses propos, elle me fit comprendre qu'elle avait bien mieux dans son réfrigérateur mais que par contre elle apprécierait de pouvoir goûter à notre vin qu'elle supposait délicieux(de l'utilité d'une glacière..). Nous engageâmes une agréable conversation , elle s'essaya à prononcer quelques mots dans notre langue et me fit aimablement remarquer que mon anglais était bien meilleur que son français. Devant tant de gentillesse  je ne pouvais lui refuser un second verre mais Élisabeth m' arrêta en me faisant remarquer que nous avions encore bien des kilomètres à effectuer et qu'il ne serait pas raisonnable que je l'accompagne et trinque avec elle.

La situation des aborigènes est triste et désespérante : ils sont complètement marginalisés, nous les voyons errer, âmes en peine dans les rues des cités, visiblement sans désir d'insertion dans une société blanche qui les méprise et ne semble guère préoccupée par le devenir de cette population. Ce constat rapide de touristes recoupe ce que nous lisons dans les blogs de jeunes français mais ne saurait valoir  jugement définitif.

Un bel exemple de solidarité

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Nous sommes arrêtés par une grande troupe d'émeus(que j'avais confondu avec des autruches dans un premier temps), le petit dernier reste à la traîne et n' ose traverser la route. L'imposant chef de file revient alors sur ses pas, l'accompagne , le protège et le fait réintégrer le groupe.

La principauté de Hutt
J'avais prévu de présenter mes hommages à son Altesse Léonard 1er en sa principauté de Hutt. Nous sommes bien passés sur l'Hutt River mais  aucune indication ne nous a permis de trouver la route qui y menait. Visiblement l'État australien ne souhaite donner aucune publicité au prince rebelle, il est vrai rebelle essentiellement au fisc!

                                                                                  P1010427 Ne cherchez plus:nous l'avons trouvé le mouton noir!

Le désert des "Pinnacles"

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Nous voulions voir  le désert des pinnacles et nous sommes arrêtés dans le "caravan park" de la cité voisine. Nous recourons d'ailleurs de plus en plus à cette solution qui nous permet de ne pas nous retrouver isolé dans un hôtel. Ce désert de faible étendue et de découverte récente(1960) est impressionnant: des milliers de menhirs naturels sur un sable jaune très fin à proximité de la dune qui le sépare de la mer. Les photos vous permettront d'apprécier la beauté de ce lieu.

Hier soir nous avons pris  un bain fort agréable après la visite du désert sur une plage à proximité du camp, nous étions les seuls dans une eau pourtant calme; ce matin nous avons voulu récidiver et nous étonnions toujours de l'absence des autochtones. Nous avons vite compris que le peu d'appétence des Australiens pour le bain à cet endroit n'était que prudence. Les vagues nous semblaient peu importantes mais après quelques brasses nous peignons à résister à leur puissance d'entraînement vers le large, insister eût été  témérité et inconscience, nous avons vite regagné la plage!
 Le vent avait soufflé très fort pendant la nuit et le goémon accumulé sur les rives de même que le catamaran échoué, l'une de ses coques arrachée, témoignait d'une tempête qui continuait à faire sentir ses effets.

À défaut de bons restaurants le petit village de Cervantes(ici tous les noms sont à consonance espagnole) à une spécialité fort appréciée des gourmets : le homard. Nous allons à nouveau nous rendre à la pêcherie , celui d'hier soir ne nous a pas déçu et le cordon-bleu qui m'accompagne , vous connaissez tous ses talents,  va se faire un plaisir(?) de nous le préparer. De gourmet à gourmand il n'y a qu'un pas,
 bon appétit à tous.

 

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