L'Australie du Sud Ouest.

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Les kangourous de Perth                                                   Le pêcheur de Fremantle


Nous fûmes accueillis à Perth par une température, une légère brise et une bruine qui nous rappellent agréablement la Bretagne après la chaleur des étapes précédentes. Inutile dans ces villes au passé récent de rechercher le centre historique par contre elles sont dotées de larges avenues et de rues piétonnes qui permettent de se promener sans craindre d'être sans cesse renversé par un engin motorisé.
Le soir nous  trouverons le seul bar de bord de rivière où il est possible de déguster une bière à l'extérieur. En effet dans ce pays  luthérien puritain la consommation d'alcool est soumise à des règles très strictes. Nous pourrons pourtant constater au long de la route, dans les villages pour mineurs que les magasins spécialisés ont fleuris !
 Nous avons renoncé à louer un van en cette période de vacances scolaires pour les Australiens, le coût en était particulièrement onéreux même pour des véhicules anciens et pas forcément très confortables, et avons opté pour une voiture classique et l'hôtel .

Direction le sud
Nous  commençons la descente vers le sud en visitant la jolie petite cité de Fremantle puis  longeons la côte parsemée d'énormes villas pour descendre vers Augusta en passant par Margaret River et le vignoble réputé de cette région, mais point de halte dégustation qui nous aurait contraint à rester dormir dans la propriété.
À l'approche de la côte sud, mais à l'intérieur des terres, nous découvrons dans le petit village de Pemberton un hôtel sympathique au coeur d'une forêt d'eucalyptus et y passons deux nuits ; le jeune homme chargé de l'entretien  reconnaît, à l'excellence de mon accent, mon origine française. Lui-même, Lorientais , effectue sa deuxième année dans le pays avec un visa VTT« vacances tourisme travail". Je dois préciser que les Français m'apparaissent d'ailleurs particulièrement doués pour les langues lorsque je voyage : ce sont les seuls que j'arrive à comprendre parfaitement lorsqu'ils parlent l'anglais, par contre les autochtones s'expriment avec un accent épouvantable.

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Du haut de la canopée                                                  


Nous regagnons la côte par Walpole: il faut s'arrêter dans ce site, les Australiens ont construit une passerelle suspendue qui permet d'atteindre le haut de très grands eucalyptus (plus de 40 m de haut) et d'être sur plusieurs centaines de mètres dans la canopée .
Par contre nous ne sommes  pas séduits par Albanie : certes les quelques immeubles du front de mer ont conservé du passé leurs balustrades et ne sont pas dépourvus d'un certain charme mais dans l'ensemble cette petite ville, la seule de cette partie de la côte sud, nous est apparue très froide et très ventée.

La technique du brûlage .

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 Nous découvrons que partout, pour entretenir la forêt, les Australiens procèdent par brûlage des sous-bois. Le bas des arbres est noir, est-ce la une façon d'assainir les forêts, d'enrichir de cendres les sols ? Nous ne nous comprenons pas comment ils peuvent maîtriser l'incendie mais nous sommes prévenus  régulièrement, lorsque nous nous aventurons dans les chemins forestiers, de la période où le feu nous en interdira l'accès. Il est également possible que cette façon de faire limite ensuite les risques d'incendie involontaire. Nous allons approfondir la question.

Notre altruisme.
Nous avons pensé à vous. L'acquisition d'une glacière nous permettra de vous offrir un verre de vin blanc bien frais lorsque nous vous croiserons dans le bush que nous allons aborder sans tarder.
En effet, après avoir longuement cherché un hébergement agréable le long de la côte nous renonçons à nous y attarder. Les plages sont impressionnantes, de longues étendues de sable blanc, une mer turquoise mais difficilement accessible : les vagues rendent la baignade peu aisée  et lorsque les plages ne sont pas protégées par des filets anti requins elle est interdite.

La ville des chercheurs d'or.
Espérance passée nous remontons vers la ville de l' or, la très riche Kalgoorlie. Sur la route nous nous arrêtons dans le petit village de Norseman, où nous dormons dans un hôtel digne du temps des westerns avec une très grande balustrade et des chambres de confort limité mais suffisant pour une nuit. Dans le beer garden nous faisons une infidélité à notre fish and chips au profit d'excellentes côtes de moutons.

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Le lendemain nous atteignions la ville qui fit la richesse des premiers mineurs : les pépites s'y ramassaient ,dit-on, à même le sol. Elle a conservé les vestiges de  cette époque, nombre de bâtiments qui furent des hôtels à son heure de gloire et qui conservent en leur rez-de-chaussée des bars accueillants. Nous logeons au Palace, il mérite encore son nom même si son lustre n'est que le pâle reflet de ce qu'il fut.Kalgoorlie est la seule ville à des centaines de kilomètres à la ronde et concentre l'activité commerciale et administrative de la région.

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L'aridité du Bush

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Nous continuons vers le nord, parcourons des dizaines de kilomètres sans rencontrer une voiture, parfois un impressionnant road train, énorme camion qui peut tracter jusqu'à quatre remorques. Et nous ne verrons de kangourou que morts sur les bords de la route, quelques bandes d'autruches et une végétation peu abondante sur ce sol pauvre qui ne permet aucune culture. Des arbustes, des touffes d'herbe dures constituent toute la végétation.
Plus de voitures de tourisme, plus de vans,le bush n'attire pas les jeunes aventuriers qui lui préfèrent les plages. J'avoue qu'après  2000 km nous commençons à les comprendre !
Nous tentons à grand-peine de trouver une halte sympathique. Les quelques rares villages sont constitués de baraques de mineurs et absolument dépourvus d'attraits. Lorsque bar il y a, le comptoir est encombré de mineurs qui y compensent la pénibilité de leur tâche.
Toute une journée une pluie bretonne nous accompagne dans cette région aride réputée sèche, notre passage aura donc eu une incidence bienfaitrice pour le bush, pourtant nous  nous en serions bien passés : cette pluie nous a obligé à renoncer au chemin de terre que nous voulions prendre pour découvrir la seule auberge "historique", un torrent de boue mis fin à ma témérité qui m'avait permis jusque-là de franchir quelques étendues d'eau sans dommage.
Après quelques interrogations au carrefour de Leinster nous prenons la décision de ne pas remonter  plus au nord par Wiluna, la longueur du trajet et l'incertitude sur la possibilité d'y trouver de l'essence nous amène à opter pour l'Ouest et bien nous en a pris  puisqu'après 150 km nous trouvons « l'Outbac Accommodation", l'auberge la plus agréable depuis bien longtemps! Le tout petit village de Sandstone est également doté d'un restaurant original bien sympathique pour les voyageurs fatigués, la patronne nous accueille d'ailleurs par une formule significative :" vous avez fait une longue route". Je verrai enfin des kangourous : la propriétaire de l'auberge en a recueilli une vingtaine dans son refuge où elle préserve  mères et enfants le temps que ces derniers grandissent.

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 Nous étions prévenus mais les distances sont impressionnantes et il arrive que la lassitude gagne le conducteur!


Voici la côte , retrouvée après ces quelques jours dans le bush. Au fond de la petite anse de Kalbarri où le vent est moins violent et la mer superbe nous faisons une halte de deux jours. Enfin je peux à nouveau disposer d'Internet et communiquer avec vous.