Vous me connaissez : je ne  peux manquer de m'intéresser à la politique locale et vais de surprise en surprise;  je n'entend pas de condamnation unanime des Khmers rouges. les multiples interlocuteurs qui nous parlent de ce passé  récent et de la période actuelle sont extrêmement nuancés. Les Khmers rouges ne sont pas à prendre  d'un bloc : ils sont constitués de multiples tendances et leur attitude varie aussi en fonction de leur implantation géographique.

 Globalement je comprends qu'il y a d'un côté les Khmers rouges pro vietnamiens soutenus par la Russie qui sont encore considérés par la majorité des  cambodgiens comme les « mauvais » ,Hun Sen, ancien commandant Khmer rouge est arrivé dans les wagons de l'armée vietnamienne et n'est pas considéré comme le libérateur venant délivrer les Cambodgiens de la faction Khmer rouge prochinoise mais comme le collaborateur des envahisseurs;

 Par contre l'autre faction des Khmers rouges,la pro chinoise, est considéré avant tout comme patriotique ce qui la rapproche des partisans de Sihanouk.  Elle est entrée en  rebellion après le coup d'état de Lon Nol qui avait déposé le roi et imposé un régime corrompu à la solde des Américains . Arrivée au pouvoir en 74 ils auraient voulu bâtir une nouvelle société en chassant tous ceux qui symbolisaient l'ancien régime, avec  tous les excès que nous connaissons.

 Je découvre qu'en 79 après la victoire" vietnamienne" un gouvernement de coalition présidée par le roi et soutenu par les Américains( les Russes et le Vietnam sont toujours leurs ennemis principaux) est installé en Thaïlande et comprend outre les partisans de Sihanouk( notre ami Oum a toujours été un proche du roi), le parti démocrate libéral de Siam Raisy et les Khmers rouges prochinois  représentés par leur ancien président ,Khieu Sampan( l'orthographe du nom n'est pas garantie). ensuite les accords de Paris ramèneront un semblant de concorde entre les différentes tendances avant que le 1e ministre actuel ne s'impose et  concentre tous les pouvoirs.Hun Sen apparaît aujourd'hui comme le seul détenteur de l'ensemble des leviers du gouvernement.

 Je n'ai guère trouvé de partisans du tribunal international qui juge  l'une des factions des Khmers rouges : pourquoi serait jugé ceux la et pas les autres?Pour autant personne ne nie la violence et la brutalité des crimes commis et les blessures qui en résultent encore.

Mais les Khmers rouges de toutes tendances continuent à être très présent dans les administrations provinciales. ils  contrôleraient même la province de Kep qui aurait été créé pour pouvoir recycler  des cadres de l'ancien régime.

 Le rôle ambigu des Américains  et l'inconstance de leur politique est souligné par tous: ils ont provoqué le coup d'état contre le roi avant de soutenir le gouvernement de coalition qu'il présidait.

 

 A mon retour je reprendrai mes livres d'histoire,  mais d'ici la les articles de Jean-Michel m' auront sans doute éclairé