A Kep nous n'étions pas en terre inconnue. En effet après une longue balade nous avions décidé  de nous arrêter dans l'un des rares petits hotels restaurants  de bord de mer : le nom n'annonçait  a priori aucun lien avec  notre département ; nous découvrons une carte de crèpes dont chacune  portait  le nom d'un bourg breton. Le propriétaire était de Camaret et comme son établissement nous apparaissait fort sympathique , confortable et peu onéreux  nous nous y sommes installées. À 15 $ la chambre voilà une excellente maison de retraite!

Le soir dans le petit village nous sommes invités par un jeune couple à partager avec lui un verre d'eau au bord de sa terrasse:    ils  avaient deviné des Français et nous eûmes,lorsque Gaelle se présenta, la surprise de l'entendre  nous dire qu'elle était originaire d'une petite ville proche de Brest, Landerneau; et quand son fils arriva nul doute ne fut plus permis,  notre collègue Bellec est certainement le seul landernéens à avoir un petit-fils bouthanais! nous avions diné ensemble peu de temps avant notre départ mais  n'avions en rien évoqué la possibilité que sa fille atterrisse avec son nouveau compagnon au Cambodge.

 Le lendemain nous avions rendez-vous avec le guide choisi par Patrick : il nous avait annoncé qu'il serait de qualité et la surprise fut heureuse.

 l'échelle se casse : drame évité de justesse

Nous attendions un guide local et ce fut Jean-Michel qui arriva : Jean-Michel , professeur de linguistique à l'université royale de Phnom Penh, est réputé être le meilleur spécialiste actuel du Cambodge dont il maîtrise parfaitement la langue et l'écriture.  Passionné de la civilisation cambodgienne, de son architecture et de son histoire  il  nous fit partager sa passion et mieux comprendre la complexité du passé ancien et récent du pays( nos rencontres ultérieures nous confirmerons que nos  grilles d'analyse et notre manichéisme d'occidentaux sont à revoir).

 J'avais avec Jean-Michel d'autres centres d'intérêts communs : il avait consacré sa thèse à la langue macédonienne et connaissait parfaitement les pays balkaniques, nous avons évoqué bien des lieux que j'aime et la Roumanie où il avait séjourné .

 Après la visite de Kampot il voulut nous faire  apprécier les temples Pré Angkoriens  troglodytiques: le premier soir la visite se passa bien : l'accès  ne présentait pas de trop grandes difficultés. il n'en fut pas de même le lendemain matin : Jean-Michel tenait à nous montrer ce temple qu'il avait lui-même découvert non sans mal. Il fallait d'abord gravir un étroit chemin  très pentu pour accéder à l'accès de la grotte à peine visible dans la végétation, ensuite il fallait descendre par une longue échelle en bois; la descente ne présenta pas de difficultés majeures et nous pûmes après avoir descendu quelques escaliers voir ce temple étonnant au milieu de sa grotte. Lors de la remontée par contre  nous avons évité de justesse le drame : je passais le premier et les craquements de l'échelle m'inquiétaient mais Jean-Michel nous certifiait  sa solidité puisqu'elle venait être consolidée, Élisabeht me suivait , son poids ne mit pas à rude épreuve l'échelle et cette dernière ne protesta pas. Il n'en fut pas de même quand arriva le tour de Jean-Michel : arrivé au milieu de l'échelle cette dernière se cassa et il fut projeté à une dizaine de mètres en dessous. Après une moment  de crainte il nous assura qu'il n'avait rien de cassé mais par contre il avait de belles contusions et souffrait du bras, de la hanche et du pied.

 Le chef du village alerté amena quelques cordes et avec l'aide de quelques Kmers qui visitaient les grottes voisines il put remonter mais ce fut la fin de notre périple! Jean-Michel m'a transmis les nombreux articles qu'il avait écrit sur le Cambodge et lorsque avec l'aide de Patrick il aura créé son blog je le mettrai dans les liens.